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title: "Le cabinet Roland Berger prévoit que la consommation d’alcool diminuera de moitié d’ici 2050"
description: "La baisse est particulièrement marquée chez les jeunes de 15 à 24 ans, qui ont réduit leur consommation habituelle d'environ 60 % au cours des deux dernières décennies. L'Espagne est le cinquième pays de l'Union européenne comptant le plus d'abstinents."
url: https://www.thebeertimes.com/fr/le-cabinet-roland-berger-prevoit-que-la-consommation-dalcool-diminuera-de-moitie-dici-2050/
date: 2026-09-18
modified: 2026-09-19
author: "Carlos Uhart M."
image: https://www.thebeertimes.com/wp-content/uploads/2026/09/Consumo-alcohol-2050.jpg
categories: ["Actualités", "Business"]
tags: ["Affaires", "Consommation de Bière", "Économie"]
type: post
lang: fr
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# Le cabinet Roland Berger prévoit que la consommation d’alcool diminuera de moitié d’ici 2050

Un rapport du cabinet de conseil Roland Berger projette que le volume mondial d’alcool pourrait être réduit de moitié d’ici 2050, en ligne avec une baisse soutenue de la consommation chez les jeunes qui se reflète déjà dans les bilans 2025 des grandes brasseries espagnoles.

![Consommation d](https://www.thebeertimes.com/wp-content/uploads/2026/09/Consumo-alcohol-2050.jpg)

Les recherches en santé publique, tant au niveau national que mondial, confirment un changement profond des habitudes de consommation. Ce tournant dans les formes de loisir oblige toute l’industrie des boissons alcoolisées à repenser son modèle d’affaires avec des années d’avance.

## La consommation chute plus fortement chez les jeunes

La baisse est particulièrement marquée chez les jeunes de 15 à 24 ans, qui ont réduit leur consommation habituelle d’environ 60 % au cours des deux dernières décennies. L’Espagne est le cinquième pays de l’Union européenne comptant le plus d’abstinents.

Selon les données du ministère de la Santé, 48 % de la population espagnole consommait de l’alcool au moins une fois par semaine en 2006. En 2023, ce pourcentage était tombé à 31 %, un recul de 17 points en moins de deux décennies qui place le phénomène loin d’une mode passagère.

## Une baisse mondiale de 50 % est projetée pour 2050

La portée de cette restructuration est évidente dans l’étude de Roland Berger, qui projette que le volume mondial d’alcool pourrait être réduit de moitié d’ici 2050.

Le cabinet encadre le phénomène comme une transition structurelle de l’industrie, non comme un cycle économique passager qui se corrigera avec le temps.

Fernando López de los Mozos, Senior Partner chez Roland Berger, résume le diagnostic dans une publication sur LinkedIn reprise par le rapport.

> Les entreprises qui dirigeront le marché de 2035 ne seront pas celles qui auront le mieux géré la baisse du volume. Ce seront celles qui auront utilisé cette fenêtre pour redéfinir l’activité de l’intérieur, en technologie, en diversification de portefeuille et en architecture réglementaire.

## Les résultats de 2025 reflètent déjà le coup de frein

Les quatre principales brasseries espagnoles ont clos 2025 avec un bénéfice combiné de 457 millions d’euros, une baisse de 23 % par rapport à l’exercice précédent. La consommation par habitant, selon López de los Mozos, a reculé de 4,4 % sur la même période.

Globalement, le secteur de la bière a chuté de 1 % en ventes. Hijos de Rivera a été l’exception, avec une croissance de 4,4 % jusqu’à 569 millions de litres et un bénéfice de 110 millions d’euros pour sa marque Estrella Galicia, 15,8 % de plus qu’en 2025.

Les touristes ont contribué à amortir la baisse de la consommation intérieure, stimulant la demande dans l’hôtellerie-restauration et soutenant ainsi les chiffres globaux du secteur.

## L’érosion du milieu de gamme et l’essor des extrêmes

Le rapport prévoit l’érosion progressive du milieu de gamme dans le secteur des boissons alcoolisées, ainsi qu’une réglementation de plus en plus exigeante sur l’étiquetage, la publicité et la vente. La rentabilité future, selon Roland Berger, se déplacera vers trois extrêmes très distincts les uns des autres.

1. Le premier est le segment du luxe, où la marge soutient l’activité même avec un volume moindre.
2. Le deuxième sont les alternatives sans alcool de haute précision technologique, capables de reproduire le corps et la saveur sans le composant éthylique.
3. Le troisième est la bioéconomie dérivée de la fermentation, qui ouvre aux brasseries des activités adjacentes en dehors de la boisson elle-même.

L’Espagne a déjà un précédent pionnier sur le deuxième front avec [la première bière sans alcool espagnole, qui a fêté ses 50 ans](https://www.thebeertimes.com/cincuenta-anos-cerveza-sin-alcohol-espana/) en 2026.

## La pression sanitaire et fiscale s’ajoute

Le tournant de l’industrie ne se produit pas dans le vide réglementaire que suggère la note de Roland Berger. L’Organisation mondiale de la santé classe l’alcool comme cancérogène du groupe 1, la catégorie de risque le plus élevé aux côtés du tabac, de l’amiante et des radiations, et soutient qu’il n’existe pas de niveau de consommation sûr.

Selon l’organisme lui-même, la moitié des cancers attribuables à l’alcool dans la région européenne de l’OMS sont causés par une consommation légère ou modérée, pas seulement par l’abus.

Cette position se traduit déjà par une réglementation concrète. L’Irlande deviendra en 2026 le premier pays européen à exiger des étiquettes d’avertissement sanitaire sur les boissons alcoolisées, suivant le chemin ouvert par la Corée du Sud, un mouvement qui rappelle [la loi d’étiquetage des alcools déjà en vigueur au Chili](https://www.thebeertimes.com/nueva-ley-de-etiquetado-de-alcoholes-en-chile-implementacion-detalles-y-consideraciones/).

C’est le type de mesure que Roland Berger anticipe comme faisant partie de l’architecture réglementaire que les brasseries devront gérer d’ici 2035.

En Espagne, la pression fiscale n’accompagne pas encore la pression sanitaire. L’Agence fiscale a reconnu dans une analyse récente que la taxe spéciale sur la bière n’a pas été mise à jour depuis presque 20 ans, au point que sa valeur réelle, après déduction de l’inflation accumulée, est inférieure à ce qu’elle représentait en 1995.

> L’absence de mise à jour des taux, dans le cas de la bière, remonte à presque 20 ans.

L’organisme lui-même admet que l’Espagne se situe près du minimum exigé par la réglementation européenne, bien en dessous des taux habituels dans le reste du continent. Le contraste est notable : alors que la santé publique durcit son discours sur l’alcool, la fiscalité espagnole sur la bière reste gelée.

Sources : OMS (cancérogène groupe 1, sans niveau sûr), Irlande 2026 (premier pays européen avec étiquetage sanitaire, après la Corée du Sud), AEAT/Hacienda (donnée réelle, déjà utilisée dans un article publié dans BeerMagazine, id 29386, qui cite textuellement cette analyse).

## Comment répond chaque grand groupe brassicole

López de los Mozos détaille que chaque grand groupe affronte le problème de manière différente. Mahou San Miguel avance vers le Moyen-Orient en poussant les bières sans alcool et de nouveaux modèles d’affaires proches de l’hôtellerie-restauration, une stratégie qui se dessinait déjà depuis que [Mahou San Miguel a acquis 100 % de l’opération Founders Brewing](https://www.thebeertimes.com/mahou-san-miguel-adquiere-el-100-de-la-operacion-de-founders-brewing/).

Heineken España lance de nouvelles références 0,0 et Damm intègre Nestea à son portefeuille pour gagner du terrain en dehors de la bière traditionnelle. Hijos de Rivera, le seul des quatre grands à avoir crû en 2025, a déjà annoncé qu’il réduira le poids de la bière dans son mix de 80 % actuellement à 60 % en 2030.

Le mouvement de fond rejoint l’intérêt des investisseurs pour [le marché boursier des grandes brasseries mondiales](https://www.thebeertimes.com/como-invertir-mercado-accionario-cervezas-abinbev-heineken-constellation/), où la diversification de portefeuille commence à peser autant que le volume vendu.

## Questions fréquentes (FAQ)

### 1. De combien baissera la consommation mondiale d’alcool selon Roland Berger ?

Le rapport projette que le volume mondial d’alcool pourrait être réduit de moitié d’ici 2050, en ligne avec la baisse soutenue de la consommation chez les jeunes au cours des deux dernières décennies.

### 2. Comment le secteur brassicole espagnol a-t-il évolué en 2025 ?

Le secteur a chuté de 1 % en ventes globalement. Les quatre principales brasseries ont clos l’année avec un bénéfice combiné de 457 millions d’euros, 23 % de moins que l’exercice précédent, bien que Hijos de Rivera ait crû de 4,4 %.

### 3. Pourquoi la consommation d’alcool baisse-t-elle chez les jeunes ?

Les jeunes de 15 à 24 ans ont réduit leur consommation habituelle d’environ 60 % au cours des deux dernières décennies, dans un changement d’habitudes de loisir que les autorités de santé publique documentent tant au niveau national que mondial.

### 4. Comment les grandes brasseries répondent-elles à cette tendance ?

Chaque groupe l’affronte différemment. Mahou San Miguel mise sur les sans alcool et de nouveaux modèles d’affaires, Heineken España lance des références 0,0, Damm intègre Nestea à son portefeuille, et Hijos de Rivera prévoit de réduire le poids de la bière dans son mix de 80 % à 60 % en 2030.

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- [La bière sans alcool est-elle techniquement de la bière ? Une analyse sous plusieurs perspectives](https://www.thebeertimes.com/fr/la-biere-sans-alcool-est-elle-techniquement-de-la-biere-une-analyse-sous-multiples-perspectives/)
- [Heineken inaugure une mégabrasserie de bière pour 462 millions de dollars au Brésil](https://www.thebeertimes.com/heineken-inaugura-megaplanta-de-cerveza-brasil/)
