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title: "Le conservateur qui pourrait aider à freiner la contamination dans les bières sans alcool"
description: "Brasser une bière avec moins de 0,5 % d'alcool implique d'arrêter la fermentation prématurément ou d'éliminer l'éthanol après coup, et dans les deux cas, il reste dans le liquide plus de sucre fermentescible résiduel que dans une bière conventionnelle."
url: https://www.thebeertimes.com/fr/le-conservateur-qui-pourrait-aider-a-freiner-la-contamination-dans-les-bieres-sans-alcool/
date: 2026-09-10
modified: 2026-09-12
author: "Carlos Uhart M."
image: https://www.thebeertimes.com/wp-content/uploads/2017/05/Granos_de_Cebada.jpg
categories: ["Technologie"]
tags: ["Bière Sans Alcool", "Conservateurs", "Orge", "Science"]
type: post
lang: fr
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# Le conservateur qui pourrait aider à freiner la contamination dans les bières sans alcool

La découverte, publiée en mars 2026 par une équipe de Wageningen University & Research, répond à un problème technique concret de l’industrie.

![Grains d](https://www.thebeertimes.com/wp-content/uploads/2017/05/Granos_de_Cebada.jpg)

Brasser une bière avec moins de 0,5 % d’alcool implique d’arrêter la fermentation prématurément ou d’éliminer l’éthanol après coup, et dans les deux cas, il reste dans le liquide plus de sucre fermentescible résiduel que dans une bière conventionnelle.

Ce sucre est précisément le substrat idéal pour les [levures sauvages contaminantes](https://www.thebeertimes.com/la-revolucion-silenciosa-de-las-levaduras-no-convencionales/), et l’espèce diastaticus est la plus problématique car elle produit l’enzyme glucoamylase, capable de fermenter des dextrines que la levure brassicole normale ne touche pas.

## Pourquoi la bière sans alcool est-elle plus vulnérable à la contamination ?

Une bouteille de bière sans alcool contaminée par diastaticus ne développe pas seulement des saveurs étranges. La levure continue de fermenter à l’intérieur du contenant déjà scellé, génère du CO₂ supplémentaire et peut finir en surcarbonatation ou, dans des cas extrêmes, en bouteilles qui éclatent au point de vente.

C’est pourquoi l’industrie cherche depuis des années des conservateurs qui contrôlent cette levure sans dépendre d’une pasteurisation agressive, qui altère aussi le profil sensoriel délicat de ces bières.

Les conservateurs chimiques habituels, comme le sorbate de potassium ou le benzoate de sodium, remplissent la fonction, mais entrent en conflit avec la tendance [clean label](https://www.thebeertimes.com/fr/la-biere-sans-alcool-est-elle-techniquement-de-la-biere-une-analyse-sous-multiples-perspectives/) qui impulse une bonne partie de la croissance du segment sans alcool. D’où l’intérêt pour des composés d’origine naturelle que l’industrie brassicole elle-même génère déjà comme sous-produit.

## Que sont les phénolamides et d’où les obtiennent-ils ?

Les phénolamides sont des molécules qui combinent un acide hydroxycinnamique (comme l’acide férulique ou l’acide coumarique) avec une amine, en l’occurrence l’agmatine, une polyamine que l’orge accumule naturellement pendant la germination.

L’équipe de Wageningen a travaillé avec des hydroxycinnamoylagmatines, abrégées HCAgm, et les a obtenues par deux voies. L’une était la synthèse chimioenzymatique en laboratoire.

L’autre était l’extraction directe à partir de radicelles d’orge, le germe qui se détache pendant le maltage et que les malteries jettent habituellement comme résidu de faible valeur.

> Les tendances clean label et la popularité croissante de la bière sans alcool ont généré une demande de composés naturels qui préviennent la détérioration microbienne.

## Le résultat qu’ils n’attendaient pas et celui qui a fonctionné

Le premier essai de l’équipe a testé les acides hydroxycinnamiques simples, leurs dimères et les HCAgm sous leur forme monomérique contre diastaticus, et aucun de ces composés n’a inhibé la croissance de la levure.

Le résultat a changé lorsqu’ils ont soumis les HCAgm à un couplage oxydatif pour générer des dimères.

Ces dimères de HCAgm ont bien inhibé Saccharomyces cerevisiae subsp. diastaticus, dans une plage de concentration de 46 à 255 microgrammes par millilitre (Van Zadelhoff et al., Journal of Agricultural and Food Chemistry, 2026, récupéré via PubMed le 10/09/2026).

La lecture chimique de la découverte est que ni l’acide hydroxycinnamique seul ni l’amidation avec l’agmatine ne suffisent séparément.

C’est la combinaison de l’amidation et de la dimérisation oxydative qui produit une molécule avec une activité anti-levure réelle, ce que les auteurs n’avaient pas anticipé en concevant l’expérience avec les formes monomériques comme candidats les plus probables.

## D’un résidu de malterie à un conservateur

Le fait que le composé actif puisse être extrait des radicelles d’orge, un sous-produit qui se vend aujourd’hui comme aliment animal à bas prix, ouvre une voie de [valorisation des sous-produits brassicoles](https://www.thebeertimes.com/el-potencial-del-bagazo-de-cerveza-en-la-nueva-generacion-de-probioticos-resistentes/) intéressante pour les malteries.

L’étude, cependant, a été réalisée en essais de laboratoire avec la levure isolée, non en bière embouteillée ni en conditions d’usine.

Il reste à vérifier si la concentration inhibitrice se maintient en présence de houblon, d’alcool résiduel et d’autres composés de la matrice réelle de la bière, et il reste aussi à valider la stabilité du composé pendant le stockage du produit fini.

Pour une brasserie artisanale, la découverte est aujourd’hui plus un signal de la direction que prend la recherche en conservation naturelle qu’un outil prêt à utiliser en usine.

L’échelle industrielle de l’extraction des HCAgm à partir des radicelles, si elle arrive, dépendra de ce qu’une malterie ou un fournisseur d’ingrédients décide d’investir dans le processus de purification.

## Questions fréquentes (FAQ)

### 1. Qu’est-ce que Saccharomyces cerevisiae subsp. diastaticus et pourquoi affecte-t-elle plus la bière sans alcool ?

C’est une levure sauvage contaminante qui produit l’enzyme glucoamylase, capable de fermenter des dextrines que la levure brassicole standard laisse intactes. La bière sans alcool conserve plus de sucre fermentescible résiduel qu’une bière conventionnelle, elle offre donc plus de substrat disponible pour que cette levure se développe à l’intérieur de la bouteille déjà embouteillée.

### 2. Que sont exactement les dimères d’hydroxycinnamoylagmatine ?

Ce sont des molécules formées par deux unités de HCAgm, un composé qui combine un acide hydroxycinnamique avec la polyamine agmatine, unies par couplage oxydatif. L’étude de Wageningen a trouvé que seule cette forme dimérique, et non les monomères, inhibe la croissance de la levure diastaticus.

### 3. Ces conservateurs sont-ils déjà utilisés dans les bières commerciales ?

Non. L’étude est de la recherche fondamentale, avec des essais de laboratoire contre la levure isolée. Il n’y a pas encore de validation en bière embouteillée ni d’évaluation de stabilité au stockage, donc leur usage commercial dépendrait de recherches supplémentaires et de ce qu’un fournisseur investisse dans la montée en échelle de l’extraction ou de la synthèse.

### 4. Pourquoi les radicelles d’orge sont-elles une source attrayante de ces composés ?

Parce qu’elles sont un sous-produit que toute malterie génère déjà à grand volume et qui est aujourd’hui destiné presque entièrement à l’alimentation animale de faible valeur. En extraire un conservateur naturel s’inscrirait dans la logique d’économie circulaire que poursuivent déjà plusieurs initiatives de valorisation des sous-produits brassicoles.

## Source

L’étude originale a été publiée sous Van Zadelhoff, A., Dozio, D., Annunziata, F., Caccia, A., Dallavalle, S., Zhou, Y., van Dinteren, S., Vincken, J.-P., Pinto, A. et de Bruijn, W.J.C. (2026). « Natural Strategies to Preserve Alcohol-Free Beer: Phenolamide Dimers with Anti-Yeast Potential », dans *Journal of Agricultural and Food Chemistry*, volume 74, numéro 8, pages 6754 à 6766. [Accéder à l’article original (DOI 10.1021/acs.jafc.5c09118)](https://doi.org/10.1021/acs.jafc.5c09118)

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