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Parmi les 10 bières les plus chères du monde, certaines ont atteint en leur temps des prix astronomiques, tandis que d’autres sont encore brassées de temps à autre en édition exclusive.

La plupart affichent des prix qui surprendraient n’importe qui, mais leur attrait tient moins à la qualité de la bière qu’à la curiosité morbide qu’elles suscitent.
La liste va de la plus chère à la moins chère, avec le prix dans la devise et l’année de sa mise en vente.
Quelle est la bière la plus chère du monde ?
Il n’existe aucun record Guinness officiel pour la bière la plus chère du monde, si bien que la réponse dépend de la manière de mesurer. Parmi celles vendues par leur propre brasserie, la plus chère a été The End of History de BrewDog, à 500 et 700 livres la bouteille en 2010.
Aux enchères, une bouteille d’Antarctic Nail Ale a atteint 1 850 dollars australiens en 2010. Une Löwenbräu récupérée dans l’épave du dirigeable Hindenburg a été mise aux enchères en 2009 avec une estimation de 4 000 à 8 000 dollars, selon ABC News.
Le chiffre le plus souvent cité est l’enchère de 503 300 dollars reçue sur eBay en 2007 par une Allsopp’s Arctic Ale de 1852, selon New Atlas. Rien ne prouve publiquement que cette vente ait été réglée, et une autre bouteille de la même bière a servi des années plus tard à recréer la recette de l’Arctic Ale.
La rareté fait aussi grimper le prix de bières au tarif d’origine modeste, comme la Westvleteren 12 des moines trappistes, revendue bien au-dessus de son prix à l’abbaye. Le tableau résume les dix bières de cette liste avec leur prix d’origine.
| Bière | Brasserie | Année | Alcool | Prix d’origine |
|---|---|---|---|---|
| Antarctic Nail Ale | Nail Brewing (Australie) | 2010 | Non disponible | 800 et 1 850 dollars australiens aux enchères |
| Vieille Bon Secours (12 litres) | Brasserie Caulier (Belgique) | 2010 | Non disponible | 856 euros à Londres |
| The End of History | BrewDog (Écosse) | 2010 | 55 % | 500 à 700 livres |
| Jacobsen Vintage No. 1 | Carlsberg (Danemark) | 2008 | 10,5 % | 398 dollars |
| Samuel Adams Utopias 2025 | Boston Beer Company (États-Unis) | 2025 | 30 % | 240 dollars |
| Schorschbock 57 | Schorschbräu (Allemagne) | 2011 | 57,5 % | Environ 200 euros |
| Sink the Bismarck | BrewDog (Écosse) | 2010 | 41 % | 40 livres |
| Tactical Nuclear Penguin | BrewDog (Écosse) | 2009 | 32 % | 30 livres |
| Space Barley | Sapporo (Japon) | 2009 | Non disponible | 10 000 yens le pack de six |
| Tutankhamun Ale | Scottish & Newcastle (Écosse) | 1996 | Non disponible | Aucune source fiable |
1. Antarctic Nail Ale
L’Antarctic Nail Ale est une bière en édition limitée de style Australian Pale Ale, brassée avec l’eau d’un bloc de glace de l’Antarctique. Elle était un peu plus alcoolisée et plus amère que la Nail Ale habituelle de la brasserie.
Elle a été lancée en 2010 par Nail Brewing, une microbrasserie australienne.
La glace a été récupérée par un hélicoptère de l’équipage du Sea Shepherd, une organisation écologiste internationale.
Seules 30 bouteilles ont été produites et toute la recette est allée à Sea Shepherd. La première a été adjugée le 3 novembre 2010 pour 800 dollars australiens, selon British Glass, et lors d’une seconde vente, le 19 du même mois, une autre a atteint 1 850.
Plus de 90 % de la bière est de l’eau, raison pour laquelle Nail Brewing la présente comme la bière la plus ancienne et la plus pure du monde.
2. Vieille Bon Secours Ale
Il s’agit d’une bouteille de 12 litres de bière belge de la Brasserie Caulier, à Péruwelz, dont le prix dépend beaucoup du lieu d’achat. En 2010, la chaîne de restaurants Belgo la facturait environ 856 euros à Londres, alors qu’elle coûtait 186 euros en Belgique, selon le quotidien DH.
L’écart tenait surtout aux taxes britanniques sur l’alcool, trois fois plus élevées que les belges. Autrement dit, on paie le format géant et l’endroit, pas une bière rare.
Elle offre une saveur complexe, mêlant agrumes et caramel, avec une touche de réglisse et d’anis.
3. The End of History
Cette bière a été produite en 2010 par BrewDog et titre 55 degrés d’alcool.
Seules 12 bouteilles ont été remplies, chacune glissée dans un animal naturalisé. Celles habillées d’hermine se vendaient 500 livres et celles d’écureuil gris 700 livres, selon The Morning Advertiser.
Les dirigeants de l’entreprise écossaise voulaient à l’époque mettre un terme à leur rivalité avec Schorschbräu, mais aussi concevoir des bouteilles uniques en les habillant d’animaux naturalisés.
Il y avait sept hermines, quatre écureuils gris et un lièvre. BrewDog affirmait alors qu’il s’agissait d’animaux trouvés morts au bord des routes.
4. Jacobsen Vintage
Née en 2008, la Jacobsen Vintage est un Barley Wine, une Ale forte brassée par le groupe danois Carlsberg, aux arômes de vanille, de chêne, de caramel et de xérès.
Elle titre 10,5 % d’alcool et a mûri en fûts de chêne français et suédois dans une crypte située sous l’ancienne brasserie. Carlsberg n’a embouteillé que 600 bouteilles de 375 ml, selon CBS News.
La bouteille de 375 ml coûtait près de 400 dollars et était ornée d’une lithographie originale de l’artiste danois Frans Kannik.
Les premiers lots ont été vendus aux enchères sur Internet. Les bénéfices ont été reversés aux enfants d’Afrique.
5. Samuel Adams Utopias
La Samuel Adams Utopias n’est pas une lager mais une bière forte vieillie en fût, brassée par la Boston Beer Company dans le Massachusetts. C’est l’une des bières les plus chères des États-Unis, et son degré d’alcool l’empêche d’être vendue dans 15 États.
L’entreprise a été fondée en 1984 par Jim Koch dans le but d’offrir aux Américains une bière de meilleure qualité que celle à laquelle ils étaient habitués.
Jim Koch représente la sixième génération de fils aînés de sa famille à se consacrer au brassage de la bière. La recette du XIXe siècle de son arrière-arrière-grand-père Louis Koch est celle de la Samuel Adams Boston Lager, pas celle de l’Utopias.
La première Utopias est sortie en 2002. L’édition 2025, la quatorzième, titre 30 % d’alcool et se vend 240 dollars la bouteille en céramique numérotée, selon Beverage Information Group.
Chaque édition assemble des bières vieillies pendant des années, certaines jusqu’à 30 ans. Celle de 2025 a été finie en fûts de whiskey irlandais, de vin Amarone et de porto blanc.
6. Schorschbock 57
La brasserie allemande Schorschbräu, en Franconie, a créé cette bière en 2011 avec 57,5 % d’alcool, même si la brasserie elle-même parle de 57,7 %. Elle n’en a produit que 36 bouteilles de 330 ml, à près de 200 euros pièce, selon inFranken.
La Schorschbock 57 est née en 2011 selon la méthode Eisbock, qui consiste à congeler l’eau de la bière pour retirer ensuite les cristaux de glace du liquide fermenté.
On obtient ainsi une boisson plus corsée et plus savoureuse, ainsi qu’un degré d’alcool plus élevé. C’est le même principe que l’Eisbock bavaroise, poussé à l’extrême.
Cette bière a mis fin à ce qu’on a appelé la guerre de la bière la plus forte. Schorschbräu détenait le record avec 31 % en 2009, BrewDog a répliqué avec 32 %, les Allemands sont montés à 40 % et les Écossais à 41 % puis à 55 %, jusqu’à ce que la Schorschbock 57 fixe la barre à 57,5 %.
7. Sink the Bismarck
Avec 41 % d’alcool, c’est une bière que la brasserie écossaise BrewDog a lancée en 2010 dans le but de détrôner l’allemande Schorschbräu, qui détenait jusque-là l’honneur de brasser la bière la plus forte du monde.

BrewDog a réussi à prendre la tête du classement, avec cette bière comme avec The End of History (55 degrés), mais pour peu de temps.
En 2011 est née la Schorschbock 57, et Schorschbräu a repris le record. BrewDog présentait la Sink the Bismarck comme une IPA quadruple et la vendait 40 livres la bouteille, uniquement sur son site, selon The Drinks Business.
Son nom vient du film britannique Sink the Bismarck! (1960), sorti en France sous le titre Coulez le Bismarck !, qui raconte la traque du plus célèbre cuirassé allemand.
Une belle métaphore pour signifier que BrewDog voulait laisser Schorschbräu derrière elle dans la course à la bière la plus forte du monde.
8. Tactical Nuclear Penguin
La bière Tactical Nuclear Penguin a été lancée en 2009 par l’écossaise BrewDog.
C’était alors, en outre, la bière la plus forte jamais produite, avec 32 % d’alcool.
Avant d’atteindre ce degré, elle a mûri 8 mois dans un fût de whisky de l’île d’Arran, puis 8 mois de plus dans un fût d’Islay.

Elle a ensuite passé plusieurs semaines à 20 degrés sous zéro dans une usine de crèmes glacées. En congelant une partie de l’eau et en retirant la glace, l’alcool s’est concentré jusqu’à 32 %.
Sur les 500 bouteilles remplies, la moitié a été mise en vente à 30 livres, tandis que le reste coûtait 250 livres car il incluait des actions de l’entreprise, selon Insider. En raison du froid qu’elle a subi, son nom a vite été associé aux pingouins.
C’est une bière à boire lentement, car sa puissance rend impossible de l’avaler d’une traite.
Au dos de la bouteille, BrewDog donne cette précision.
Ceci est une bière très puissante, qui doit être savourée à petites gorgées et avec un air d’indifférence aristocratique, comme on savourerait un whisky de qualité.
9. Space Barley
Cette bière du japonais Sapporo a été brassée avec de l’orge issue, à la quatrième génération, de semences qui avaient passé 5 mois dans la Station spatiale internationale. Autrement dit, l’orge de la bière n’est pas allée dans l’espace, mais ses ancêtres oui.
Les semences sont restées dans l’espace en 2006, dans le cadre d’une recherche menée par Sapporo, l’Académie des sciences de Russie et l’université d’Okayama.
L’objectif de ce voyage spatial était d’étudier en profondeur la capacité d’adaptation de l’orge en apesanteur afin de savoir comment produire des aliments hors de la Terre.
En décembre 2009, Sapporo a mis en vente par tirage au sort 250 packs de six bouteilles à 10 000 yens chacun, soit environ 110 dollars de l’époque, selon Universe Today.
Sapporo a reversé tous les bénéfices à l’université d’Okayama, qui les a consacrés à la promotion de la science auprès des enfants et à la recherche spatiale au Japon et en Russie.
10. Tutankhamun Ale
Cette bière est née des fouilles dirigées par l’archéologue Barry Kemp à Amarna, la capitale du pharaon Akhenaton, où ont été étudiés des vestiges de brasseries égyptiennes vieux de plus de 3 300 ans.
Aucune recette écrite n’a été découverte. La bière a été recréée à partir des vestiges de l’une de ces brasseries, comme l’explique la fiche du Science Museum de Londres.
Elle a été brassée en 1996 par la brasserie écossaise Scottish & Newcastle, dans une édition de 1 000 bouteilles numérotées présentées dans un coffret en bois.
Les prix qui circulent pour cette bière, y compris les 7 686 dollars qui auraient été payés pour la première bouteille, ne reposent sur aucune source fiable. C’est pourquoi elle ferme la liste.
Questions fréquentes (FAQ)
1. Quelle est la bière la plus chère du monde ?
Il n’existe pas de record officiel. Parmi celles vendues par leur propre brasserie, la plus chère a été The End of History de BrewDog, à 500 et 700 livres la bouteille en 2010, et aux enchères une Antarctic Nail Ale a atteint 1 850 dollars australiens la même année.
2. Quelle est la bière la plus forte de cette liste ?
La Schorschbock 57 de Schorschbräu, avec 57,5 % d’alcool, qui a clos en 2011 la course contre BrewDog pour la bière la plus forte. Plus tard, l’écossaise Brewmeister a lancé la Snake Venom, souvent citée aujourd’hui comme la plus forte du monde.
3. Pourquoi certaines bières sont-elles si chères ?
Presque toujours en raison de leur rareté et de l’histoire qui les entoure, plus que de leur coût de fabrication. Beaucoup ont été produites à quelques dizaines de bouteilles, avec des procédés longs comme la congélation ou le vieillissement en fût, et plusieurs ont été vendues au profit d’une cause.
4. Combien coûte une Samuel Adams Utopias ?
L’édition 2025, la quatorzième, titre 30 % d’alcool et son prix de vente conseillé est de 240 dollars la bouteille. En raison de son degré d’alcool, elle ne peut pas être vendue dans 15 États américains.
5. Quelle bière a été brassée avec de l’orge qui a voyagé dans l’espace ?
La Space Barley de Sapporo, faite avec de l’orge issue de semences qui avaient passé cinq mois dans la Station spatiale internationale en 2006. En 2009, 250 packs de six bouteilles ont été tirés au sort à 10 000 yens chacun et les bénéfices sont allés à l’université d’Okayama.
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