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Si vous aimez les happy hours ou quelques bières à la maison chaque soir, sachez que l’alcool laisse des traces sur la peau. Il déshydrate, dilate les vaisseaux sanguins du visage et, lorsque la consommation est élevée et régulière, il est associé à davantage de rides, de poches sous les yeux et de rosacée.

Une routine de soins du visage sert peu si l’on répète chaque soir l’habitude qui abîme la peau. L’alcool apporte des sucres et des calories sans nutriments utiles pour elle, et son effet diurétique fait perdre au corps plus d’eau qu’il n’en reçoit. Le résultat visible est une peau plus sèche et plus terne.
Comment la consommation d’alcool affecte-t-elle la peau ?
L’envie d’uriner plus souvent après avoir bu vient du fait que l’alcool inhibe la vasopressine, l’hormone antidiurétique qui ordonne aux reins de retenir l’eau. Sans ce signal, le corps élimine plus de liquide qu’il n’en absorbe, et la peau est l’un des premiers endroits où ce manque d’eau se voit.
Le lendemain d’une soirée bien arrosée, le visage paraît souvent terne, plus sec au toucher et les yeux sont gonflés. L’alcool dilate aussi les capillaires du visage, ce qui explique la rougeur des joues pendant que l’on boit.
Chez les personnes atteintes de rosacée, le jour de la gueule de bois peut entraîner une poussée de la maladie, avec plus de rougeurs, des démangeaisons et des boutons. Une étude portant sur 82 737 femmes de la cohorte Nurses’ Health Study II, publiée en 2017 dans le Journal of the American Academy of Dermatology, a montré que le risque de rosacée augmentait avec la quantité d’alcool consommée. Les femmes qui buvaient 30 grammes ou plus par jour présentaient un risque supérieur de 53 % à celui des femmes qui ne buvaient jamais (Li et al., JAAD, 2017).
Déshydratation, inflammation et vieillissement
Une consommation répétée d’alcool entretient une inflammation de bas grade qui se traduit par des rougeurs, des taches et un vieillissement plus rapide de la peau. Comme l’alcool dessèche aussi la peau, les rides d’expression se marquent plus facilement.
Une étude de 2019 menée auprès de 3 267 femmes aux États-Unis, au Canada, en Australie et au Royaume-Uni, publiée dans le Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology, a mesuré cet effet. Les participantes qui buvaient huit verres ou plus par semaine présentaient davantage de rides sur le haut du visage, de poches sous les yeux, de perte de volume au niveau des joues et de vaisseaux sanguins visibles que celles qui buvaient moins (Goodman et al., 2019).
Toutes les boissons abîment-elles la peau de la même façon ?
Ce qui compte le plus, c’est la quantité totale d’alcool et non le type de boisson. Une bière de 33 cl à 5 % et un verre de 4 cl d’un spiritueux à 40 % contiennent une quantité d’éthanol comparable, si bien que trois tournées de l’un ou de l’autre déshydratent de manière similaire.
L’idée selon laquelle les alcools blancs seraient moins nocifs pour la peau ne tient pas. Dans l’étude du JAAD sur la rosacée, le vin blanc et les spiritueux étaient justement les boissons les plus fortement associées à la maladie. Les boissons foncées, comme le whisky ou le rhum vieux, contiennent davantage de congénères, des composés issus de la fermentation et du vieillissement qui aggravent la gueule de bois du lendemain. Pour protéger sa peau sans renoncer à la bière, le plus efficace est de réduire le nombre de verres ou d’alterner avec des bières sans alcool.
Comment réduire les effets de l’alcool sur la peau
Si vous constatez que l’alcool affecte déjà votre peau, une grande partie des dégâts est réversible grâce à des habitudes simples et régulières.
1. Boire de l’eau avant, pendant et après
Si vous prévoyez de consommer de l’alcool, intercaler un verre d’eau entre chaque verre compense une partie du liquide perdu par l’effet diurétique et réduit au passage la quantité totale bue. Un verre d’eau supplémentaire avant de dormir est aussi utile.
2. Garder une routine de nettoyage et d’hydratation
La routine de base convient à tout le monde, que l’on boive ou non. Le soir, nettoyer son visage avec un savon adapté à son type de peau élimine le sébum et les impuretés accumulés. On applique ensuite un sérum et une crème hydratante, idéalement à l’acide hyaluronique ou à la glycérine. Le matin, une protection solaire à large spectre complète la routine, car une peau déshydratée est plus vulnérable aux dommages du soleil.
3. Dormir suffisamment
L’alcool aide à s’endormir, mais il fragmente la seconde moitié de la nuit et réduit le sommeil profond. Pendant le repos, la peau répare les dégâts de la journée, si bien qu’une nuit courte après avoir bu se voit sous forme de cernes et d’un teint plus terne. Éviter le dernier verre juste avant le coucher améliore la qualité du sommeil.
4. Se fixer une limite hebdomadaire
L’étude de 2019 fournit un repère utile, puisque les changements du visage se concentraient chez les femmes qui dépassaient huit verres par semaine. Rester en dessous de ce chiffre et garder plusieurs jours sans alcool laisse à la peau le temps de récupérer.
5. Consulter un dermatologue si les rougeurs persistent
Des rougeurs qui ne disparaissent pas, des capillaires visibles ou des poussées de boutons récurrentes peuvent signaler une rosacée, une maladie qui nécessite un diagnostic. Un dermatologue peut proposer des traitements topiques, un laser vasculaire ou des soins du visage professionnels selon le cas, et il est préférable de le consulter avant de recourir à des soins esthétiques comme les perfusions de vitamines par intraveineuse.
Questions fréquentes (FAQ)
1. Pourquoi des poches et des cernes apparaissent-ils après avoir bu de l’alcool ?
L’alcool dilate les vaisseaux sanguins du visage et réduit le sommeil profond. La déshydratation perturbe en outre l’équilibre hydrique du corps et favorise l’accumulation de liquide dans les tissus mous sous les yeux. L’étude de 2019 publiée dans le Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology a associé une consommation de huit verres ou plus par semaine à davantage de poches sous les yeux.
2. Quel est le lien entre la consommation de bière et l’acné de l’adulte ?
La bière ne provoque pas l’acné à elle seule. Ses glucides font monter le taux de glucose et d’insuline dans le sang, et cette hausse stimule la production de sébum chez les personnes prédisposées. S’y ajoutent l’inflammation et le mauvais sommeil liés à une forte consommation, deux facteurs qui peuvent aggraver des poussées existantes.
3. Combien de temps faut-il à la peau pour récupérer après une soirée trop arrosée ?
La sécheresse et le teint terne s’améliorent généralement en un ou deux jours si l’hydratation et le sommeil sont rétablis. Le renouvellement complet de la couche externe de la peau prend environ quatre semaines chez le jeune adulte, et davantage avec l’âge, si bien que les changements dus à une consommation régulière demandent plusieurs semaines de bonnes habitudes pour s’inverser.
4. Est-il vrai que l’alcool accélère l’apparition des rides ?
Oui, lorsque la consommation est élevée et régulière. Le métabolisme de l’alcool génère un stress oxydatif qui endommage le collagène et l’élastine qui maintiennent la fermeté de la peau, et la déshydratation creuse encore les rides d’expression. L’étude de Goodman et de ses collègues publiée en 2019 a associé une consommation de huit verres ou plus par semaine à davantage de rides sur le front et entre les sourcils.
5. Quels ingrédients de soin aident à combattre la mine de lendemain de fête ?
L’acide hyaluronique et la glycérine aident à restaurer l’hydratation perdue. La niacinamide atténue les rougeurs et renforce la barrière cutanée, et la vitamine C topique apporte éclat et protection antioxydante. Aucun ne remplace l’eau, le repos et une consommation modérée, qui s’attaquent à la cause du problème.
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